Hier soir, en jetant un morceau de fenouil racorni trouvé sous une touffe de persil dans le bac à légumes de mon réfrigérateur, je me suis senti mal à l’aise. Car je me suis souvenu d’une récente étude dont le journal « le Parisien » s’était fait l’écho début juillet et qui m’avait scandalisé : les Français jettent en moyenne 21% des aliments qu’ils achètent. Et ce sont les Franciliens qui portent le bonnet d’âne avec près de 115 kg de denrées alimentaires jetées par an et par habitant.
Par rapport à nos voisins Européens, ce n’est guère brillant car si les Français jettent 89,9 kg de denrées, les Espagnols, eux, en écartent 63,5 et les Allemands en éliminent 80 kg. Il semblerait, selon les spécialistes, que les consommateurs ont oublié la valeur de l’alimentation. Et qu’ils ne savent pas gérer les dates de péremption. Les plus âgés pointent du doigt ceux qui n’ont pas connu les privations dues à la guerre mais il me semble que le problème est plus complexe que cela. Si j’en crois les comportements que j’ai pu noter autour de moi, il y a souvent loin de l’attitude volontariste qui prévaut lors de l’achat des denrées – manger des fruits et des légumes, varier l’alimentation – et la dure réalité du quotidien lorsque le temps manque parce qu’on est rentré tard du travail ou que notre émission de télé préférée va démarrer. La tentation est alors grande de « bricoler » quelque chose de rapide au détriment de ces denrées qui dépérissent au fond du réfrigérateur. Et quand on s’y intéresse, leur aspect extérieur n’incite pas à les cuisiner, comme j’ai pu le constater hier avec ce morceau de fenouil défraîchi destiné à l’origine à être préparé en salade et qui ne me faisait plus saliver.
La solution ? Sûrement mieux s’organiser, en faisant comme nos parents et grands-parents l’effort de planifier nos menus sur la semaine. Et multiplier les passages en magasin pour y acheter de plus petites quantités. Nos points de vente sont approvisionnés quotidiennement (et même souvent plusieurs fois par jour au détriment de la planète) car la fraîcheur est synonyme d’appétence et fait vendre. Profitons-en !
Enfin, et surtout, sans être moraliste, se souvenir qu’une grande majorité des habitants de notre planète ne mange pas à sa faim. Ne pas jeter ne leur profitera pas mais, si l’on en croit la même étude le coût du gaspillage étant de 430 euros par an et par habitant, voilà une somme que nous pouvons verser à des associations caritatives. Avec une économie d’impôt à la clef. Tout le monde y gagne, surtout notre bonne conscience !





