Comparateurs de prix

Acheter ses produits au meilleur prix va bientôt devenir très compliqué. A moins de surveiller (de très près) les emballages et de bien déchiffrer les étiquettes. Car, pour faire droit à une directive européenne du 5 septembre 2007 transcrite en droit français par un arrêté du 8 octobre 2008, depuis le 11 avril, les conditionnements sont libres. En clair, un producteur de beurre ne sera plus obligé de mettre sur le marché des plaquettes de 125 g ou de 250 g par exemple ce qui était la norme jusqu’à présent. Il pourra proposer le volume de son choix, quitte à jouer sur des facteurs de prix psychologiques qui masqueront au yeux des consommateurs leur prix réel. Et compliqueront sacrément les comparaisons.

Une centaine de produits sont concernés, alimentaires et non alimentaires. Du paquet de pâtes aux conserves de haricots verts, du fromage frais aux mousses à raser, il va falloir s’armer de patience. Car on peut faire confiance aux producteurs et aux distributeurs pour brouiller les cartes, ce qui va transformer les acheteurs en détectives et les courses en jeu de piste.

Officiellement, cette directive a pour but de permettre selon ses promoteurs d’ »offrir un plus large choix aux consommateurs, des prix plus bas et de réduire la quantité d’emballage produite ». Un récente étude du magazine « 60 millions de consommateurs » montrant que le prix unitaire des portions familiales et des grands formats pouvait être supérieur à ceux des conditionnement plus petits en dit long quant à l’aptitude des producteurs à embrouiller le consommateur. Qui devra redoubler de vigilance pour ne pas se retrouver roulé dans la farine…

L’avenir en vert ?

Pour 90 % des Français, la crise économique actuelle représente une occasion de revoir nos modes de vie et de consommation. Tel est, à mes yeux, le principal enseignement d’une enquête qu’Ethicity a menée en partenariat avec l’Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie (Ademe)* du 23 février au 2 mars derniers en plein dans la chute de la Bourse et l’annonce des plans sociaux. Et quand on leur demande si le développement durable – produire avec un moindre impact sur notre environnement – est une mode, une contrainte, une nécessité ou une opportunité, les 3/4 d’entre eux répondent qu’il s’agit d’une nécessité.

Ce type d’enquête est-il suffisamment pris en compte par ceux qui cherchent des remèdes à la crise – réelle – que nous traversons ? Je ne le crois pas quand on lit que c’est la sacro-sainte croissance qui apportera les solutions à tous nos maux. Et quand on voit que tant d’argent est injecté dans l’industrie automobile, alors qu’il est manifeste que la voiture ne fait plus rêver et qu’elle est considérée comme un pis-aller par un nombre croissant de nos compatriotes.

Je ne suis pas économiste et je ne prétends pas donner des leçons aux professionnels. Mais je constate que les cycles de croissance/récession ont lieu à des fréquences régulières et que les réponses apportées sont le ferment de nouvelles crises. Il est aujourd’hui temps de trouver des solutions novatrices qui s’appuient sur des fondements solides – une consommtion durable et responsable, le sentiment que l’on vivra mieux en consommant moins, etc. Mais cela demande sûrement un courage politique dont font malheureusement preuve trop peu de nos dirigeants.

* Enquête réalisée par TNS Media intelligence auprès d’un panel représentatif de la société française de 4 519 individus de 15 à 70 ans.