Les superlatifs ne manquent pas pour caractériser le « collisionneur de particules géant » mis en service le 10 septembre par l’organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN). « La machine à décrypter l’univers », selon le Monde , « le cur de la matière disséqué », selon Libération. Seul le Figaro de ce jour n’y va pas de son évènement.
De quoi s’agit-il en réalité ? De faire tourner deux faisceaux de protons (composants de la matière) en sens inverse à une vitesse proche de celle de la lumière (300 000 km/seconde) pour observer les collisions entre protons. Objectif : étudier la matière telle qu’elle était une minuscule fraction de seconde après le Big bang. Il a fallu pour cela investir 3,7 milliards d’euros pour construire un anneau de 27 km enterré à 100 m sous terre et refroidi à une température proche du zéro absolu (-271,3 °C). Accélérés par plus de 1000 aimants, les protons feront 11000 fois le tour de cet anneau par seconde (à une vitesse de 1 milliard de km/heure) si tant est que l’on fournisse une puissance électrique de 120 MW.
Les chercheurs en attendent des réponses à des questions fondamentales : Pourquoi les choses ont-elles une masse ? Où est passée l’antimatière ? Comment s’est formé l’Univers ? Existe-t-il d’autres dimensions ? La version moderne du bon vieux « D’où venons-nous ? » et « Où allons-nous ? » qui agite l’homme depuis qu’il a pris conscience de son existense. La perspective même de trouver ces réponses me fait froid dans le dos





