Difficile de louer le vent sans arrière-pensée après les récents drames provoqués par les cyclones Gustave et autres Ike. C’est pourtant ce qu’on aurait tendance à faire quand on observe la croissance des chiffres de la production d’électricité d’origine éolienne. Elle a triplé en quatre ans passant de moins de 400 MW en 2005 à 1200 MW en 2008 (prévisions).
Même si l’énergie produite n’atteint pas encore 1 % de notre consommation, il faut constater que le parc est en progression exponentielle. Car, en Europe, la France a, après le Royaume Uni, le meilleur potentiel à exploiter pour ce type d’énergie. De moins de 100 éoliennes par an entre 2000 et 2003, il s’en est installé près de 400 en 2006, 550 en 2007 et on en prévoit plus de 600 en 2008. Notre pays doit en effet satisfaire aux engagements européens et produire, en 2010, 20 % de son énergie de façon renouvelable.
Faut-il s’en réjouir ? Ceux qui se promènent dans des paysages grandioses et qui découvrent au sommet d’une colline une « forêt » de tripales de couleur blanche qui tranchent sur le paysage font généralement grise mine. Quand elles tournent, on en voit la finalité. Quand les pales pendent lamentablement, le sentiment qui domine est celui d’une grande incompréhension. Qui saura le sentiment qui habitait, jusqu’à une époque récente, le cavalier qui chevauchait dans un joli paysage lorsqu’il découvrait les dizaines de moulins à vent ?
C’est sûrement Chantal Jouanneau, la présidente de l’Ademe (Agence pour le développement et la maîtrise de l’énergie), qui apporte la contribution la plus pertinente à ce débat en soulignant au cours d’une interview parue dans « le Figaro » que le plus grand défi n’est pas la production d’électricité ‘ »verte » mais bien la maîtrise de notre consommation d’énergie. Pour que l’on puisse chanter à nouveau « Vive le vent ». Sans arrière pensée mercantile.





