Après la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) pour l’Administration, ne voit-on pas poindre la RGPP (Révision générale des Pratiques des Praticiens) pour ce qui concerne le secteur de la médecine libérale ? C’est ce qui semble se dessiner dans les négociations actuelles entre la Caisse d’assurance maladie et les médecins libéraux. L’enjeu est de les amener à signer à chacun un contrat individuel de performance, par lequel ils s’engageraient à effectuer un certain nombre d’actes de prévention (mammographie pour dépister le cancer du sein, vaccination contre la grippe pour les plus de 65 ans ) ou même de suivi de maladies chroniques (fond d’il annuel pour les diabétiques ). Ils seraient aussi jugés positivement s’ils augmentent (à performances égales) le nombre de génériques prescrits par rapport aux médicaments de marque. A la clef pour les « bons élèves » plusieurs milliers d’euros de prime annuelle.
Si la Caisse admet volontiers que de tels contrats augmenteraient à court terme le volume des actes à rembourser (consultations et examens), elle ne doute pas d’être gagnante sur le moyen et le long termes avec une meilleure efficacité des prescriptions et une diminution des pathologies lourdes.
Reste à savoir combien de médecins adhèreront et quels seront les termes exacts du contrat (comment fixer des objectifs réalistes mais comparables alors que chaque cabinet médical suit une population de patients différente ?). Selon certains médecins, il est plutôt intéressant de voir que la Cnam semble commencer à vouloir reconnaître à sa juste valeur le temps que les médecins passent à faire de la prévention. Il est en effet plus long pour le professionnel de santé d’expliquer l’intérêt d’une prévention que d’effectuer une simple prescription. Surtout s’il a choisi d’être en secteur 1 et de percevoir 23 euros pour une consultation.





