Qui l’eût crû ? Les grandes barres des années 60 qui hérissent l’Est parisien ont quelque chose en commun avec les magnifiques immeubles hausmanniens du XVIe arrondissement de notre belle capitale. Mais l’un comme l’autre n’ont pas de quoi en être fiers. Selon le rapport que l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) a consacré à l’habitat et à la question climatique, ce sont les deux types d’immeubles dont le chauffage produit le plus d’émissions de carbone. Et qui contribuent donc le plus au réchauffement climatique. Résultat : sur une carte de Paris, c’est bien la seule fois que j’ai vu le XVIe arrondissement arborer la couleur rouge
Plus sérieusement, les raisons en sont différentes. Et les remèdes pour qui souhaiterait réduire l’impact des émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sont évidents ni dans un cas ni dans l’autre. Les grandes barres des années 60 largement ouvertes sur l’extérieur avec des grandes baies équipées de simple vitrage sont très mal isolées, le problème de l’énergie et de son impact sur l’environnement n’étant pas encore pris en compte dans les années où ils sont sortis de terre. Quant aux immeubles hausmanniens, toujours selon le rapport de l’Apur, ils ont été conçus avec des chauffages collectifs équipés de chaudières au charbon. Ces dernières ont depuis été remplacées par des brûleurs au fioul, de loin l’énergie la plus émettrice de GES.
Alors, que faire ? D’abord mettre en place des compteurs individuels dans les immeuble équipés de systèmes de chauffage collectif. Cette installation a en effet, même dans le XVIe, un résultat immédiat sur la consommation Et brancher, quand c’est possible, ces installations sur le chauffage urbain (CPCU) qui produit de la chaleur en incinérant les monceaux d’ordures ménagères collectées chaque jour dans Paris. Pas facile, même quand le réseau ne passe qu’à une centaine de mètres de chez soi. Nous avons eu l’occasion, dans notre propre copropriété – même si elle n’est pas située dans le XVIe – de faire chiffrer l’extension. Avec la meilleure volonté du monde, l’ensemble des copropriétaires a reculé devant l’énormité de la dépense. Qui est sans conteste un des facteurs limitants de la citoyenneté





