La France du sport et des sportifs

Ceux qui pensent que nos concitoyens sont les champions du sport… devant la télévision n’ont pas tout à fait tort. Une enquête* réalisée en 2007 par l’Observatoire du sport FPS-Ipsos auprès de 5 249 individus âgés de 4 à 65 ans représentatifs de la population française montre en effet que regarder la télévision est la première pratique de loisirs (79,9 % d’adeptes). La deuxième activité qui concerne 3 Français sur 4 est « surfer sur Internet », chiffre à rapprocher de la grosse moitié de foyers équipés d’un ordinateur et d’une liaison à haut débit.

Ils n’ont pas tout à fait raison non plus car plus de la moitié de nos chers compatriotes se remuent vraiment : 51,6 % d’entre nous déclarent pratiquer une activité physique ou sportive, ce qui fait que 39 millions de personnes se dépensent. Les autres loisirs « actifs » viennent plus loin derrière (43,9 % de bricoleurs, 36,2 % de jardiniers, 34,8 % d’adeptes du shopping – qui est une activité hautement remuante, bien des femmes vous le diront…).

Polyvalents et réguliers

A quoi se consacrent les Français qui bougent ? Pour expliquer les chiffres qui suivent, il faut d’abord souligner qu’ils sont réguliers et polyvalents. Près de la moitié (46,7 %) s’y adonnent au moins une fois par semaine et deux Français sur trois (67 %) déclarent pratiquer de une à quatre activités. Ces précautions étant prises, on se lance : 20,7 millions pratiquent le vélo (ce qui recouvre vraisemblablement une pratique sportive, de loisir et de locomotion), 17,3 la natation (une petite moitié plusieurs fois par mois) et 10,1 millions se consacrent aux jeux de boules, à la pétanque et au bowling (un quart des adeptes sont des cadres supérieurs et des professions libérales). Voilà pour le trio de tête. Suivent les pratiquants de la randonnée pédestre et du trekking avec 9,9 millions de convaincus (les gros bataillons sont constitués des plus de 50 ans et les plus réguliers se rencontrent chez les plus de 55 ans) et les Français qui jouent au football (7,5 millions courent à 22 avec conviction après le même ballon…).

Ceux qui ne courent après rien (les adeptes du running dont je fais – avec beaucoup de bonheur – partie) sont presque aussi nombreux : 7,4 millions. Enfin, quand on leur demande quelles sont leurs motivations, on trouve aux extrêmes « se sentir bien » (97,6 %) et en bas de l’échelle « se mesurer aux autres » (23,5 %). Où est donc passé l’esprit de compétition cher à Coubertin ?

* elle vient de paraître dans un ouvrage « Sport et sportifs en France » par Olivier Aubel, Brice Lefèvre et Gary Tribou – mars 2008