Le coup du poisson

Dès que j’ai pu monter dans une voiture, on m’a parlé du « coup du lapin ». Un animal qui ne m’était déjà pas sympathique – il portait le mauvais œil sur les bateaux – et qui me faisait regarder en arrière, guettant la collision qui pourrait être fatale à mes cervicales. On en parle moins maintenant grâce aux effets conjoints de la ceinture de sécurité et des appuie-tête qui se sont généralisés.

Il me semble aujourd’hui que l’on découvre le coup du poisson, un sale coup porté à une des bases – et des plaisirs – de mon alimentation. Les coups pleuvent de toute part. Sur le plan nutritionnel d’abord, quand on découvre qu’une population qui mange du poisson plusieurs fois par semaine concentre plus de pesticides qu’une autre qui en consomme beaucoup moins. Sur le plan de la ressource ensuite, quand on n’arrête pas de lire que, trop pêchées, certaines espèces ne pourront jamais, même si on respecte un moratoire sur leurs captures, revenir à des niveaux antérieurs, la concentration de gamètes mâles étant si faible dans l’eau qu’ils ne peuvent plus féconder les œufs.

Le sale coup des coûts

Et maintenant, c’est le prix du poisson ou plutôt l’écart de prix entre le pêcheur et le consommateur qui pose question. Je cite Luc Blin, de la Fédération des organisations de producteurs de la pêche artisanale : « On n’arrive pas à expliquer au pêcheur comment le prix de son poisson, qui lui est payé 4 à 5 euros en moyenne le kilo, se retrouve à 27 euros en magasins. » Le Figaro de ce matin explique la formation du prix du merlan qui se négocie 1,73 euro le kilo à la criée quand le pêcheur le vend et qui se retrouve à 13,08 euros sur l’étal du poissonnier (source : Protéis pour Ofimer). Il y a sûrement une explication. Mais il faudra être persuasif pour faire accepter un coefficient multiplicateur entre 7 et 8. Sans jeter l’opprobre sur les marges des intermédiaires.

Il est peut-être opportun de réfléchir à une organisation de la filière différente qui permettrait soit à prix de vente identique de mieux rémunérer les pêcheurs – et ils en ont bien besoin pour faire face à la croissance de leurs charges – soit en conservant leur rémunération de mettre cet aliment à la portée de davantage de consommateurs.

Tous pour le progrès ?

« Le progrès n’est valable que s’il est partagé par tous », comme suggère la formule. Je ne sais pas si tous ceux qui n’ont pas encore trouvé d’autre solution que la voiture pour circuler dans Paris (et donc se garer) apprécieront à sa juste valeur les progrès que pourrait entraîner l’expérimentation qui vient de débuter dans trois arrondissements de notre capitale et dans quelques villes françaises dont Boulogne-Billancourt et Angers.

Pour tenter de diminuer le taux d’impayés (on parle de 60 %, quelle déception pour les deniers de l’État…) des PV pour stationnement interdit ou gênant – qui est correlé avec le temps qu’ils mettent à parvenir au domicile du contrevenant – (et aussi soyons justes pour diminuer les coûts de traitement), il a été fait appel à la fée électronique. Résultat : les contractuelles (aubergines ? pervenches ?) vont bientôt être équipées d’un équipement moderne qui prendra la forme d’un stylo numérique destiné à remplacer ce bon vieux carnet à souches.

Une surprise directement à domicile

Ce petit bijou de technologie (dont le prix d’achat atteint quand même les 200 €) collectera de manière numérique les informations concernant les véhicules en infraction. De retour au bercail, les données sont déchargées dans un système automatisé de traitement qui enverra très rapidement la douloureuse. Ce « stylo » permet également d’éditer une petite note à laisser sur le pare-brise du véhicule et censée avertir l’automobiliste du montant de la surprise qu’il va bientôt découvrir à son domicile.

Si cette expérimentation – un système similaire fonctionne déjà à Gênes en Italie – est couronnée de succès, cette avancée technologique pourrait être généralisée. Même si des voix s’élèvent pour pointer les risques de grogne ou de contestation. Comme quoi le progrès, comme d’autres concepts, est une question de point de vue. En attendant que la flambée des cours du pétrole mette tout le monde d’accord sur le fait de laisser sa voiture au garage…

Tailler dans les dépenses

Nous avons tous entendu parler de la RGPP. Sous ce sigle un peu imprononçable, qui veut dire Révision générale des politiques publiques, se profile un instrument qui fait peur à tous les fonctionnaires d’abord et ensuite – à un autre niveau – à tous les citoyens : une grande paire de ciseaux destinée à tailler dans les dépenses publiques qui font le lit des déficits. Il faut rappeler ici que, chaque année, les dépenses de l’État dépassent le montant des recettes de quelque 35 à 45 milliards d’euros. Une bagatelle me direz-vous, mais qui vient augmenter un déficit déjà colossal !

Les peurs des uns et des autres sont fondées surtout sur des formules à l’emporte pièce qui laissent à penser que les coupes peuvent s’appliquer à n’importe quelle dépense. Il est toutefois un domaine où, apparemment, le grand ciseau entre moins facilement en action, c’est la communication politique. J’en veux pour preuve un des derniers opuscules qui a été publié par la direction du Service d’information du gouvernement : le « Guide des réformes et des mesures 2007 et 2008″, qui détaille les 55 réformes lancées, en un an seulement, quelle énergie ! par notre valeureux président.

« Diffusé à plus de 50 000 exemplaires auprès des décideurs », précise le communiqué qui l’accompagne. Il y a fort à parier que ce document, imprimé en couleurs sur 80 pages d’un papier de bonne qualité, a été financé sur des fonds publics. Comme quoi quand il s’agit « d’information et de pédagogie auprès des Français », comme dit encore le communiqué, il ne faut pas chipoter sur les moyens. Les services qui sont frappés par le postulat du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux apprécieront…

La maladie du sommeil

Son sommeil a duré plusieurs années et c’est le prince charmant qui l’a réveillée. Le cas particulier de cette héroïne des contes de Grimm n’apparaît pas – on s’en doute bien – dans la première étude* intégralement consacrée au sommeil et réalisée par les Pouvoirs publics. Malgré son nom à rallonge « Enquête sur les représentations, les attitudes, les connaissances et les pratiques du sommeil des jeunes adultes en France », elle suscite l’intérêt car elle brosse le portrait d’une France des 25-45 ans en proie aux problèmes de sommeil. Une question à prendre très au sérieux, car un bon sommeil n’est pas uniquement synonyme de bien-être : il a un impact très important sur le quotidien. Rappelons par exemple que les troubles de la somnolence – qui touchent une personne sur dix – peuvent avoir des conséquences graves : 3 % de l’échantillon a déjà eu un accident lié à la somnolence au volant…

L’étude distingue trois sous populations de dormeurs : les insomniaques (12 % des personnes interrogées), les personnes en dette de sommeil (17 %) et les personnes qui déclarent avoir un sommeil suffisant (71 %). On y apprend que la tranche des 25-45 ans dort 7 heures en moyenne, les personnes en dette de sommeil 5 heures 48 et les sommeils « suffisants » 7 heures 21. Le clan des insomniaques, eux, reste en moyenne 6 heures 41 dans les bras de Morphée, ces derniers ont donc moins un problème de durée de sommeil que de qualité du repos. Il n’est pas surprenant que les personnes en dette de sommeil déclarent avoir davantage de mal que la moyenne à se réveiller le matin (seuls 28 % se réveillent en moins de dix minutes contre 46 % en moyenne).

Vive la sieste

Près des 3/4 des personnes interrogées ont des horaires de sommeil relativement réguliers en semaine et près de 80 % se couchent avant minuit et déclarent s’endormir en 19 minutes. Fait marquant : près d’un tiers des 25-45 ans admet faire une sieste en semaine. la moitié y consacre moins d’une demi-heure et les autres plus d’une demi-heure. Chacun s’accorde pour dire que ce repos quotidien leur permet de retrouver du tonus.

Un message que nos dirigeants d’entreprise pourraient entendre et traduire dans des faits. Par exemple en permettant à leurs salariés de recharger leurs batteries dans leur bureau, sans s’attirer les foudres de leur responsable hiérarchique. Ou même en aménageant un local adapté avec lumière tamisée et musique douce. Comme quoi on peut toujours rêver…

Réveillez-vous : cette chronique soporifique est terminée !

* Etude réalisée par l’institut BVA auprès d’un échantillon de 1004 personnes représentatif de la population française âgée de 25 à 45 ans.

La France du sport et des sportifs

Ceux qui pensent que nos concitoyens sont les champions du sport… devant la télévision n’ont pas tout à fait tort. Une enquête* réalisée en 2007 par l’Observatoire du sport FPS-Ipsos auprès de 5 249 individus âgés de 4 à 65 ans représentatifs de la population française montre en effet que regarder la télévision est la première pratique de loisirs (79,9 % d’adeptes). La deuxième activité qui concerne 3 Français sur 4 est « surfer sur Internet », chiffre à rapprocher de la grosse moitié de foyers équipés d’un ordinateur et d’une liaison à haut débit.

Ils n’ont pas tout à fait raison non plus car plus de la moitié de nos chers compatriotes se remuent vraiment : 51,6 % d’entre nous déclarent pratiquer une activité physique ou sportive, ce qui fait que 39 millions de personnes se dépensent. Les autres loisirs « actifs » viennent plus loin derrière (43,9 % de bricoleurs, 36,2 % de jardiniers, 34,8 % d’adeptes du shopping – qui est une activité hautement remuante, bien des femmes vous le diront…).

Polyvalents et réguliers

A quoi se consacrent les Français qui bougent ? Pour expliquer les chiffres qui suivent, il faut d’abord souligner qu’ils sont réguliers et polyvalents. Près de la moitié (46,7 %) s’y adonnent au moins une fois par semaine et deux Français sur trois (67 %) déclarent pratiquer de une à quatre activités. Ces précautions étant prises, on se lance : 20,7 millions pratiquent le vélo (ce qui recouvre vraisemblablement une pratique sportive, de loisir et de locomotion), 17,3 la natation (une petite moitié plusieurs fois par mois) et 10,1 millions se consacrent aux jeux de boules, à la pétanque et au bowling (un quart des adeptes sont des cadres supérieurs et des professions libérales). Voilà pour le trio de tête. Suivent les pratiquants de la randonnée pédestre et du trekking avec 9,9 millions de convaincus (les gros bataillons sont constitués des plus de 50 ans et les plus réguliers se rencontrent chez les plus de 55 ans) et les Français qui jouent au football (7,5 millions courent à 22 avec conviction après le même ballon…).

Ceux qui ne courent après rien (les adeptes du running dont je fais – avec beaucoup de bonheur – partie) sont presque aussi nombreux : 7,4 millions. Enfin, quand on leur demande quelles sont leurs motivations, on trouve aux extrêmes « se sentir bien » (97,6 %) et en bas de l’échelle « se mesurer aux autres » (23,5 %). Où est donc passé l’esprit de compétition cher à Coubertin ?

* elle vient de paraître dans un ouvrage « Sport et sportifs en France » par Olivier Aubel, Brice Lefèvre et Gary Tribou – mars 2008

Ecran de fumée

Nous comptons parmi nos politiques de vrais spécialistes des écrans de fumée. Pratique quand on veut masquer un problème ou brouiller le regard de ses contemporains (la fumée, ça pique les yeux…). L’exemple le plus prestigieux est celui de notre président de la République lui-même. Faite au soir d’une forte mobilisation contestataire, l’annonce de la mise en place d’un service d’accueil obligatoire dans les écoles en cas de grève des enseignants – et je ne juge pas ici de la pertinence de la mesure – a occulté dans tous les médias l’ampleur de la mobilisation. « Fort, très fort, » comme diraient les « Têtes à claques ».

Quand il compare deux chariots remplis avec des produits identiques dans une grande surface française et allemande, Luc Chatel, notre secrétaire d’État à la Consommation, ne fait pas autre chose. Accompagné d’une foule de journalistes et de cameramen, il est allé acheter les mêmes produits dans un hypermarché Auchan de Strasbourg et dans un supermarché Kaufland de la ville allemande de Kehl. Le constat est sans appel : les montants des additions réglées rive gauche et rive droite du Rhin accusent une différence de 14 %. Au profit du supermarché allemand. Et zoom sur une consommatrice française qui remplit sans états d’âme son coffre de voiture en déclarant que les limites de sa conscience citoyenne sont celles de son porte-monnaie.

La puissance des lobbys

Si le constat est sans appel, les conclusions le sont moins qui mettent en cause la densité des grandes surfaces en France alors qu’aucune information ne filtre sur la situation allemande (on ne cite que de la part de marché des magasins à bas prix, dont les grandes enseignes implantées en France – Lidl et Aldi – sont d’origine allemande). Au-delà du Rhin, la densité commerciale est-elle plus élevée qu’ici ? Les négociations commerciales revêtent-elles là-bas les mêmes formes conflictuelles ? Le pouvoir d’achat d’une famille allemande est-il comparable à celle qui prévaut ici ? Quel est le poids des produits choisis dans la consommation des deux familles ? Toutes ces questions, et d’autres qui assoiraient la pertinence de la démarche, resteront sans réponses.

Et pourtant, elles pourraient nourrir le débat de nos représentants qui vont devoir voter la semaine prochaine la loi de modernisation économique. Une des mesures contenues dans ce texte prévoit, pour favoriser la concurrence qu’on veut croire bénéfique car porteuse de baisses de prix, d’étendre la liberté d’implanter des magasins de la limite actuelle de 300 m2 à 1 000 m2. Aveuglés par l’écran de fumée, les parlementaires risquent probablement de voter en prenant en considération l’impact que cette loi pourrait avoir sur leur électorat plus que celui qu’elle aurait effectivement sur le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population.

Inspirez, toussez…

On se croyait bien à l’abri de la pollution, calfeutré dans son appartement douillet. Mauvaise pioche ! Une étude de l’Observatoire de l’air intérieur (www.air-interieur.org) démontre que la concentration de certains polluants est largement plus forte à l’intérieur qu’à l’extérieur de chez soi.

On se croyait bien à l’abri dans sa petite auto, toutes fenêtres fermées quand on suit un camion ou un autobus qui crachent une épaisse fumée noire. Manque de pot : généralement, la ventilation de la voiture est placée à l’avant… en prise directe avec le pot d’échappement du véhicule qui précède. Ainsi, des mesures effectuées dans un véhicule transformé en laboratoire scientifique montrent que l’air respiré par les passagers installés à l’arrière d’une voiture est bien plus toxique que celui qu’ils inhaleraient en tant que piétons. D’autant plus qu’une fois dans l’habitacle, les polluants ont du mal à s’éliminer.

En apnée totale

Qu’à cela ne tienne, prenons le métro ou le RER. Horreur ! Les quais sont envahis de particules fines et métalliques produites par le freinage des roues. Ne parlons pas des citadins qui ont choisi le vélo. Jean-Paul Morin, toxicologue à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), estime que pédaler six minutes derrière un bus, c’est dépasser neuf fois le seuil maximum annuel de dioxyde d’azote. Et comme on ne peut pas retenir sa respiration longtemps (j’ai essayé…), il vaut mieux s’abstenir…

Alors, que faire ? En tout cas, surveiller les pics de pollution et, quand l’alerte a sonné sur la qualité de l’air, éviter les gros efforts qui font augmenter sa capacité et son rythme respiratoires. Et se méfier, en ville, de ces belles journées d’été tellement lumineuses en période anticyclonique : l’air est alors beaucoup plus dense et l’absence de vent retient les particules les plus lourdes au niveau du sol. Ce n’est pas le moment de promener son chien. Et autant ne pas se précipiter non plus au volant de son véhicule et en rajouter à son tour au désastre ambiant.

Vous reprendriez bien un bon bol d’air de nos montagnes ?

Bon appétit (bis)

Il se passe décidément tous les jours quelque chose au pays de la « bonne bouffe ». Deux études, l’une réalisée par la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et l’autre présentée par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) viennent de mettre en évidence l’omniprésence des pesticides dans notre alimentation.

La première étude a porté sur 3 500 échantillons de fruits et légumes prélevés en 2006 par la DGCCRF. Motif de satisfaction : 55,6 % ne contenaient pas de résidus de pesticides, et 38,4 % n’en comportaient pas suffisamment pour se situer au-dessus de la LMR (limite maximale de résidus). Sujet de préoccupation : 6,3 % des échantillons dépassent cette limite et sont donc non conformes. Où les trouve-t-on ? « Essentiellement dans les poivrons, les piments, les lentilles et les aubergines », nous apprend l’étude qui souligne que les meilleurs élèves de la classe sont les salades, les pommes de terre, les endives, les carottes et les tomates qui « ont un taux de dépassement de la LMR inférieur à la moyenne ». Chez les fruits, « les dépassements concernent essentiellement les fraises, les mandarines et les poires ».

Vous voilà soulagé. Pas trop vite ! L’étude de l’Inéris a évalué l’exposition aux pesticides de 130 petits Franciliens. Au moins un produit de ce type se trouvait dans 94 % des logements et 70 % des enfants présentaient au moins un des résidus de produits organophosphorés dans leur urine. In pipi veritas ?

P… dix ans

Les 10 ans de la première loi Aubry sur la réduction du temps de travail (dite des 35 heures) est une célébration qui risque de passer plus inaperçue que celle des 40 ans du joli mois de mai, tant parce que la gauche qui l’a fait voter a du mal à l’assumer que parce que la droite, qui l’a – de fait – anesthésiée en utilisant divers artifices sur la législation des heures supplémentaires, ne se résoud pas à l’abroger. On comprend qu’elle soit gênée aux entournures quand on se souvient que les premières incitations à réduire le temps de travail des salariés pour donner un emploi à ceux qui en sont privés (le partage du travail) ont été initiées par les lois Robien, qui n’avaient, il est vrai qu’un caractère incitatif.

Le Parlement ayant voté le 19 mai 1998, une loi portant la durée légale du travail de 39 à 35 heures hebdomadaires au 1er janvier 2000 dans les entreprises de plus de 20 salariés, ces dernières devaient organiser cette évolution par la négociation. Etant retourné à ce moment-là sur les bancs de l’école pendant presque deux ans, je n’ai pas assisté à sa mise en place dans une entreprise, et je ne l’ai découverte, dans son application concrète qu’en mai 2000. Avec, dans mon cas – cadre au forfait -, une première conséquence immédiate, et oh combien sympathique, je n’ai pas eu à attendre un an pour bénéficier de précieux jours de repos : dès le premier mois travaillé, j’avais engrangé – comme l’accord qui me concernait le prévoyait – de quoi me mettre un peu au vert.

Temps de travail contre flexibilité et productivité

Que me reste-t-il aujourd’hui de cette belle euphorie ? Peu de choses si l’on considère que la mémoire est volatile et que les gains de productivité qui ont été demandés par nos entreprises mises à mal par la conjoncture ont alourdi notre quotidien. Il ne me semble pas avoir constaté une inflation dans les effectifs de nos métiers. L’explosion d’Internet et l’évolution des méthodes de production ont sûrement, à mon sens, au moins autant contribué à façonner notre nouveau paysage de travail que les RTT. En revanche, entre les diverses raisons de s’absenter, il est plus difficile de réunir les équipes au complet.

Il n’en reste pas moins que j’aurais du mal à revenir au statut quo ante, préférant personnellement une présence plus dense au travail et davantage de temps libre. Les enquêtes montrent que je ne suis pas le seul. Parmi la grande moitié des salariés concernés par les 35 heures, une majorité se dégage pour penser que ce n’est pas une mauvaise chose. Et les patrons, qui ont souvent négocié durement les accords, ne sont pas prêts à les remettre sur le métier. D’autant plus que certains reconnaissent que l’annualisation du temps de travail a permis d’apporter plus de souplesse dans leur activité.

Bon appétit

La double page parue le 16 mai dans le Parisien a de quoi faire saliver les plus blasés d’entre nous. José Luis de Felipe, le directeur du réseau d’alertes alimentaires de l’Union européenne, y répertorie les principales alertes déclenchées en France depuis le début de l’année. Il y en a pour tous les goûts : « On nous a signalé des toxines dans des moules surgelées, dans des amandes et dans des figues. Du mercure a été détecté sur des poissons venant du Sri lanka. Des salmonelles ont été repérées dans des saucisses et du poisson des Pays-Bas. A l’inverse, des huîtres françaises contaminées à l’hépatite A ont été repérées en Italie, des pièces de métal retrouvées dan des barres chocolatées françaises en Angleterre. »

Pas de panique excessive : les produits sont en général retirés de la vente avant de provoquer des catastrophes sanitaires. Il n’empêche. De telles informations – s’il est indispensable de les porter à la connaissance des acheteurs que nous sommes – risquent d’exacerber les inquiétudes et de jeter l’opprobre sur les milliers de produits sains et sur les centaines d’entreprises qui luttent chaque jour pour mettre au point des process exempts de tout défaut.